C'est
le début de l'aventure pour le groupe… soutenu par le Comité
missionnaire de la paroisse. Daniel communique avec le père Bouffard,
pmé, afin de voir avec lui le meilleur temps pour nous rendre au
Honduras. Le mois de juin est retenu ; le temps semble court…
Le
comité missionnaire décide d'organiser des activités de financement à
travers les différentes communautés de la paroisse. C'est une façon de
sensibiliser les paroissiens à ce projet communautaire. Les activités
ont été les suivantes : dîner spaghetti, bingos, brunch canadien et le
souper annuel de " la Faim ", tenu le dimanche des Rameaux . Plusieurs
dons en argent ont été offerts par des organismes et des paroissiens.
Quelque
temps avant la préparation immédiate du voyage, le Père Bouffard avait
souligné le manque de cloches pour les chapelles construites ou en
construction. Nous avons eu la chance d'en acheter deux à bon prix…
Nous mentionnons " les cloches " parce qu'elles ont vraiment servi de
bougie d'allumage pour le projet-voyage … voici… chacune des huit
communautés a accueilli une cloche lors d'une célébration dominicale.
Des paroissiens (ne) s ont fait retentir le son de
la cloche au début et à la fin de la messe ; c'était comme un envoi
missionnaire… Et ces cloches ont été mises sur un bateau en partance
pour le Honduras par le biais de CSI (Collaboration Santé
Internationale). On y reviendra… (boîte des cloches).
Le
groupe des cinq part donc en mission le 22 juin 2003. Il s'agit bien
d'une mission au nom de la paroisse St-Joseph-des-Monts. Nous voulons
créer des liens avec les paroissiens de Pespire et non seulement avec
le Père Bouffard… le but est d'assurer la continuité du jumelage
advenant un changement de pasteurs ici ou là-bas. Nous souhaitons
établir une communication bien réelle entre les gens des deux
paroisses. Grand défi ! Déjà leurs expériences (à Pespire) nous ont
servis dans les réaménagements pastoraux.
Daniel avait dit souvent : " Soyez prêts à
l'imprévu… " et dès le départ nous y sommes confrontés… l'embarquement
à Toronto s'est fait deux heures plus tôt que mentionné sur nos
billets… et c'est commencé... heureusement, nous avions prévu au moins
deux à trois heures en surplus en cas d'imprévus… Comme le disait si
bien Daniel lors de l'embarquement : " Il y a un bon Dieu pour les
innocents… " Cette phrase est souvent revenue durant le séjour au
Honduras … l'imprévu fut souvent le 6e voyageur !
Le 23 juin 2003, enfin nous arrivons dans la
capitale du Honduras, Tegucigalpa, où les Prêtres des Missions
étrangères (PMÉ) ont une maison. Yvon nous accueille à l'aéroport à
notre grande joie et après quelque trente heures sans dormir. Le Père
conduit les 5 " missionnaires québécois " à la maison des PMÉ. Accueil
chaleureux et réconfortant !
Enfin, la terre hondurienne sous les pieds … c'est
comme un rêve… qui se réalise. Une bonne nuit de repos et c'est le
départ pour Pespire… Rien ne ressemble à ce que nous connaissons au
Québec… dépaysement total… Chaque personne réagit selon ses attentes
intérieures et ses émotions les plus profondes. Avant le départ, nous
avions visionné à nouveau les photos prises en 1999, après le passage
de l'ouragan Mitch… Ceci permet de trouver certains repères. Et la
mission commence vraiment sur le terrain… maintenant la " Toyota
blanche " sera notre moyen de transport jour après jour… Quelle chance
! La population ne possède à peu près pas de véhicule… Ce qui croise ou
longe la route ? C'est du bétail (bœuf, vache, mulet, poules, etc.)…
des panneaux de circulation nous indiquent un boeuf… original pour des
Québécois…
En arrivant au presbytère du père Bouffard, déjà
nous percevons une grande fatigue chez notre hôte… Yvon est malade …
imprévu… et quel imprévu… Le père Bouffard a préparé toutes sortes
d'activités pastorales et sociales pour l'équipe… pas une journée n'est
laissée au hasard… Malheureusement, il ne sent pas assez en forme pour
nous accompagner… Notre journée se passera comme prévu… des gens
s'affairent autour d'Yvon et tout est organisé en moins d'une heure…
Pensons-y bien… pas de téléphone dans les hameaux (petits secteurs,
communautés ), mais le cheval tient lieu de moyen de communiquer avec
le centre de Pespire.
La foi en Jésus-Christ est notre premier lien ; elle
se vit autrement, selon des cultures différentes, mais c'est la même
Église. C'est un sentiment incroyable de se retrouver si loin et à la
fois si proche à cause de la foi dans le même Dieu, celui de
Jésus-Christ.